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Le typhus félin ou Panleucopénie féline

Conseil Scientifique du LOOF - Mai 2009, mise à jour mars 2011
Le typhus félin ou Panleucopénie féline

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Le typhus félin est une maladie virale hautement contagieuse rencontrée partout dans le monde. Chez le chat, c'est la maladie la plus contagieuse et la plus grave. Elle se caractérise par une entérite causée par la destruction de la muqueuse intestinale et cliniquement par un abattement important (état typhique, d'où le nom de typhus), associés biologiquement à une baisse importante du nombre de cellules mononuclées du sang (d'où le nom de panleucopénie).

Il semble que depuis quelques mois soit observée une certaine recrudescence des cas de typhus en France. Plusieurs cas, dont certains mortels, ont été relatés en particulier à la suite d'expositions félines. Cela est vrai aussi dans toute l'Europe.

En tout état de cause, il ne s'agit pas actuellement – loin de là – d'une épidémie mais d'une épidémio surveillance légitime.

La description et les recommandations de mai 2009 restent tout à fait d'actualité, mais l'état de fait actuel nous suggère quelques précisions :

Répétons le, il ne s'agit pas d'un état épidémique, mais il faut plus que jamais respecter une vigilance accrue avec des règles d'hygiène et de vaccination optimales.

Son virus :

L'agent infectieux de la panleucopénie est un parvovirus. Le parvovirus félin est apparenté au parvovirus canin. Il est très résistant et reste virulent dans le milieu extérieur plusieurs mois. Il est très stable génétiquement et l'on en a recensé une seule souche (le FPV). Il se dissémine par contact direct (fèces, vomissures, urines, sang ou salive). L'infection se fait par voie oronasale, puis le virus se dissémine par les lymphocytes dans tous les tissus de l'organisme, avec néanmoins un tropisme particulier pour l'épithélium intestinal (d'où l'entérite) et la moelle osseuse (d'où la leucopénie).
Il peut être véhiculé par les puces.
La transmission se fait aussi par voie transplacentaire et une infection de la femelle gestante conduit en début de gestation à la mort du fœtus et après le milieu de la gestation, à la naissance de chatons anormaux atteints d'ataxie cérébelleuse (incoordination motrice).
C'est dans les populations de chats non vaccinés que l'on peut rencontrer des épidémies conduisant à une mortalité de près de 90% des chatons atteints.
Par contre, l'infection existe, mais elle est endémique dans les populations de chats vaccinés, certains chats restant porteurs passifs du virus, malgré la vaccination, pendant plusieurs mois après l'infection et ce, souvent sans expression de signes cliniques.

État clinique

L'incubation après exposition au virus est de 2 à 6 jours. La maladie s'observe généralement chez le chaton de 6 à 14 semaines (et parfois beaucoup plus tôt si les chatons n'ont pas ingéré d'anticorps maternels – chatons orphelins).

La maladie est souvent moins grave et curable chez le chat adulte, où les infections sans signes cliniques sont fréquentes.

Diagnostic. Examens complémentaires :

Traitement :

Il faut d'abord mettre en place les soins d'urgence non spécifiques visant à soutenir les fonctions vitales du chaton, notamment une réhydratation adaptée.
Le diagnostic doit ensuite être établi à partir des résultats des analyses et surtout à partir du résultat de la PCR.
Le traitement antiviral consiste alors en 5 injections sous-cutanées journalières consécutives de 1 MU/kg/j d'Interféron. Malgré ce traitement, le taux de mortalité lors de panleucopénie aiguë se situe entre 25 et 75%.

Vaccination

Il y a deux types de vaccin contre le FPV : les vaccins à virus vivant atténué et les vaccins à virus inactivé. Le vaccin le plus souvent administré est le vaccin vivant atténué. Le protocole classique est le suivant : deux injections chez le chaton, à 9 et 12 semaines, suivies d'un rappel un an plus tard, puis d'un rappel annuel.
Cependant, il a été souligné assez récemment que les anticorps maternels contre le parvovirus sont susceptibles de persister plus longtemps qu'on ne le pensait auparavant. Chez le chaton vacciné trop précocement, ces anticorps risquent de neutraliser l'antigène vaccinal et d'empêcher l'immunisation active qui doit être créée par la vaccination. Une troisième injection de vaccin peut alors être préconisée à l'âge de 4 ou 5 mois.

Conclusions pratiques :

 

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